_S01E163 : La revanche d’Spry

Je
me souviendrais toujours du jour où mon prof de Maths en cinquième a
dit à ma mère : "Votre fils ne comprendra jamais rien aux
mathématiques, c'est peine perdue".

Mes souvenirs scolaires sont assez chaotiques. De la maternelle, je
ne me souviens que de Sophie (ma première copine, qui sortait avec moi
les jours pairs), de Katia (qui mangeait ses crottes de nez), des jeux
dans les tonneaux verts et d'une fessée humiliante.

De la primaire, j'ai une foule de bons moments en tête. Ma rencontre
avec Praince, mes délires avec Steeve, Julien, Fabrice, Christophe,
Franck, Laetitia, Anicée, Gladys, Sabine, etc. De l'enquête policière
foireuse menée par mon équipe pour découvrir l'auteur d'une lettre
anonyme. Des parties de football sans ballon de football (cailloux,
balle de tennis, et autres techniques de remplacement). Et d'autres
choses.

Du collège, je me souviens des cours de technologie, de mes premiers
cours de dessins, mes longues discussions avec Alexandra, de ma
rencontre avec Céline, d'être tombé sous le charme de ma prof d'anglais
en 6ème, d'être sorti avec une 3ème quand j'étais en 4ème (total
respect !), et de mon rapport tordu avec les mathématiques.

En cinquième, j'avais plus la force de rien. Mes notes étaient en
chute libre, mais j'arrivais encore à m'intéresser à certaines
matières. Par contre, pour les maths, c'est le blocus total. Impossible
de comprendre quoi que ce soit dans les choses toutes simples qu'on
m'expliquait. A chaque contrôle, je paniquais à mort, sachant que ma
note ne dépasserai pas le chiffre Pi. Et donc, le jour où ce foutu prof
a dit cette phrase à ma mère, j'étais comme paralysé. Plus aucune envie
de remonter la pente, mon destin était tracé... Les chiffres, la
logique et moi, on prendra des chemins différents.

Pourtant, en quatrième, le miracle a eu lieu grâce à un autre prof.
Au troisième trimestre, alors qu'on attaquait les équations à une ou
deux inconnues, j'ai eu comme l'impression que tout devenait clair à
une seconde, comme si mon cerveau était sorti du mode "veille". C'est à
partir de ce moment là que j'ai aimé les maths.

En troisième, le même prof que l'année précédente m'apporte l'aide
considérable pour rattraper mon retard. J'étais devenu tellement bon
que je n'avais qu'une envie : aller voir mon prof de cinquième et lui
exposé toutes mes notes au-dessus de la moyenne. J'ai pas osé...

Au lycée, j'étais on fire : Les maths étaient devenus ma
matière préferée, sans pour autant dire que j'avais soif de
connaissance. Quand on a commencé à utiliser les calculatrices
programmables (pour moi, la Texas Instruments TI-80), j'ai bien senti
que j'étais à un tournant de ma vie... J'ai pris le manuel de cette
dernière, puis j'ai commencé à mettre quelques lignes de programmation
pour automatiser certaines choses, puis d'autres. Au bout d'un certain
temps, je pouvais finir un contrôle d'une heure en 20 minutes, et
surtout, je programmais les calculatrices de toute ma classe. Et au
Bac, j'ai explosé en vol en finissant avec un 16 (ou un 18, je sais
plus) comme note. Maths + logique = duo gagnant.

Maintenant, j'attaque la programmation de mon blog. Au début, je ne
comprenais rien, mais aujourd'hui, je me retrouve dans le même état
d'excitation que mon premier jour de compréhension des mathématiques,
et je ne remercierai jamais assez le prof qui a pris le temps de
m'expliquer le pourquoi du comment (il est décédé depuis). Par contre,
l'autre, faut pas que je le recroise dans la rue...

12 août 2005 | Only me | Commentaires (0)

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