_S01E169 : Quatrième de couverture…
Chaque
blog respectable se doit d'avoir un passage d'un bouquin. J'aurais
voulu vous parler de "La métamorphose d'Helen Keller", livre que j'ai
lu il y a très longtemps et qui parle de l'enfance d'une jeune fille
sourde, aveugle et muette face à la vie... Mais j'ai plus le bouquin...
Alors aujourd'hui, exercice de style : j'écris une nouvelle. Je laisse venir les mots...
"Une fois de plus, tu ouvres les yeux. Ce qui veut dire que tu n'es
pas mort, ou pas vraiment. Les souvenirs de la veille s'enclenche dans
ta tête et se mélangent au programme de ta journée. Par programme, bien
sûr, il faut comprendre que tu dois trouver un truc à faire pour tenir
jusqu'au soir.
Généralement, tu commences cette phase de réveil par un truc
complètement con et inutile que tu n'as même pas la force de contrôler.
Parfois, tu essayes de compter les secondes en contretemps par rapport
à l'horloge du salon, d'autres fois, tu fais craquer tes doigts de
pieds. Aujourd'hui, tu fixes ton plafond.
Blanc, un peu sale, désespérément vide, ce plafond est le résumé de
ta longue existence. On sait qu'il est là, mais on ne le regarde même
plus. Trop haut pour qu'on puisse l'atteindre facilement, mais trop
proche du parquet de celui d'au-dessus pour qu'on puisse avoir
l'impression qu'on lui marche dessus. C'est clair, ton plafond, c'est
toi.
Dans ton esprit, tu penses que verser une larme maintenant, ça
pourrait le faire. Mais t'as déjà la bouche sèche, alors pourquoi
chercher à créer de l'humidité dans tes yeux ? Et c'est pas la peine de
dire "chienne de vie", tu le dis tellement souvent que ça n'a plus de
sens.
Tu esquisses un mouvement imprécis vers ton portable, sans
lâcher
ton miroir platrée du regard. Tu fais le code PIN rapidement, et tu
attends la sonnerie amicale qui te fera comprendre que quelqu'un s'est
souvenu de toi, par sms ou boite vocale... mais comme souvent, y'a pas
de sonnerie.
Dans ta vie, tu n'as plus de copains, que des amis. Pour
certaines personnes, c'est mieux, pour toi, c'est un enfer. Un copain,
tu peux lui dire ce que tu penses sans te blesser toi-même, parce que
tu gardes tes distances. C'est paradoxale, mais c'est comme ça.
Maintenant, tu bailles. En plus de vivre, tu respires. Pour combien de temps encore ?"
Toi qui vient de lire ce texte, sache que je te le prête volontiers.
Tu peux l'utiliser à ta façon, je te demande juste de me prévenir avec
un petit commentaire...
