S10E37 : Au diable, mon (manque d')ambition.

idea

Alors que dans un peu plus d'une semaine, mon blog débutera sa onzième saison, une partie de moi se pose la sempiternelle question du "qu'est-ce que j'ai fait de ces douze derniers mois ?".

Pour être précis, je me pose cette question au moins trois fois dans dans l'année : le 31 décembre / 1er janvier, bien évidemment, puis quelque part avant ou après mon anniversaire en avril, et donc, en octobre, quand je me tâte aussi à changer une fois de plus le design du blog, genre "Nouveau Look pour une Nouvelle Vie".

C'est un peu toujours la même routine, ce bilan doux-amer des choses que je n'ai pas faites, pas réussies, toujours en cours, etc. Puis je déprime un petit coup, me dit que je n'ai qu'à m'en prendre à moi-même, pour m'auto-promettre que l'année prochaine, ça ne sera pas seulement que différent, mais que ça sera mieux.

Chaque année.

Sauf que là, changement, cette période de remise en question coïncide avec un moment où je (re)prends confiance en moi : je m'assume de plus en plus comme quelqu'un qui, effectivement, a des choses à dire et/ou à faire. Des idées, j'en ai plein (des bonnes comme de très mauvaises) et il serait peut-être temps qu'en plus de les réaliser, j'en sois fier.

D'ailleurs, je ne sais pas d'où m'est venu ce sentiment de culpabilité d'avoir envie "d'autre choses".

Je ne vous ferais pas le coup de l'enfance bridée pendant laquelle on m'aurait survendu le "passe ton bac d'abord". Non, ce qui sûrement freiné mes ardeurs, c'est surtout que je n'ai jamais vraiment été le meilleur en quelque chose. Par exemple, j'expliquais quelque part sur ce blog que lorsqu'à l'adolescence, je gribouillais quelques petites choses, je voyais mes potes qui dessinaient beaucoup mieux que moi. Même chose quand plus tard, je m'inscrivais au basket pour rester du bout au bout un joueur moyen.

gribouille

Si on rajoute donc à cela une longue période à me chercher aussi bien personnellement que professionnellement, vous comprendrez pourquoi, à l'aube de mes 35 ans, j'en suis encore à rêver de demain au lieu de vivre l'aujourd'hui.

Mais qu'importe, l'échéance approchant (c'est quand même un peu classe de se dire qu'on tente une bascule à un âge "rond"), je me dis qu'en fait, je n'ai plus rien à perdre (vu que je n'ai pas gagné grand chose).

Ainsi, je parle de plus en plus de mes projets à des proches ou des personnes de confiance, pour me forcer à les réaliser et ne pas passer pour un affabulateur incapable d'aller au bout de ses propres promesses.

Après, soyons clairs, si je mets autant de temps, c'est à la fois par peur, manque de compétence dans certains domaines, ou alors de moyens financiers. Et lorsqu'on me dit de chercher des personnes prêtes à m'aider gracieusement ou soumettre mes idées au financement participatif, j'en arrive toujours à la conclusion qu'aujourd'hui, je n'ai rien fait de mémorable permettant aux gens (et toi) de croire en mon sérieux.

Et c'est pour ça que pour le moment, je tente des choses et d'autres, gratuites et non parfaites.
Pour me faire la main.
Pour me créer une sorte de réputation.

Si par exemple, dans l'absolu, j'aimerais faire un film, je me dis que je devrais d'abord faire un court-métrage.
Pour faire un court-métrage, je dois réunir une équipe qui pensera que je sais raconter mon histoire.
Pour raconter une histoire, je dois (me) prouver que je sais écrire.
Et ainsi de suite...

reve

Pour faire quelque chose de grand, je m'oblige à faire beaucoup de petits trucs sans prétention.
Tous mes sites persos, c'est un peu ça.

Maintenant, il faut aussi savoir que ma grande frayeur, c'est de me faire doubler par quelqu'un d'autre de plus courageux, plus téméraire.
J'ai toujours un peu peur d'arriver après la bataille. D'être celui qui copie alors que mon but est de créer.
Et puis autant être honnête, plus le temps passe, moins j'aurais l'occasion d'être "le premier à...", mais preuve qu'enfin, je deviens adulte : je l'accepte.

Donc voilà, cette nouvelle saison, un peu comme la précédente, je l'attends avec impatience pour savoir ce que je vais en faire.

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