S12E02 : Comme un petit ras-le-bol

C'est bien d'avoir un blog parfois, ça permet d'exprimer des choses comme ça, comme elles viennent, parce que c'est nécessaire.
Depuis maintenant une semaine, il est évident que beaucoup parlent de leur ressenti suite aux événements de Paris. Je dis "événements" pour ne pas dire autre chose, parce que bien que confronter malgré moi à la situation, je n'ai pas envie de rendre ça plus réel que ça ne l'est en utilisant des mots sombres et froids. Qu'on vienne me dire que je suis dans le déni, franchement, je m'en fous, j'ai autre chose à gérer actuellement.

Vendredi soir donc, je postais ceci sur mon mur Facebook :

"Autant vous prévenir de suite : quand demain, certains d'entre vous allez mettre en ligne des vidéos prouvant votre théorie du complot ou des statuts faisant des amalgames avec telle ou telle communauté, je ne vais rien laisser passer et quitte à perdre du temps, ça sera un plaisir de vous mettre le nez dans votre connerie.

Bref, réfléchissez à deux fois avant de poster vos délires, je ne suis vraiment pas d'humeur."

Bien évidemment, ça n'a pas raté, et je n'ai rien dit.
Je n'ai rien dit parce que je n'avais pas envie de perdre mon temps et mon énergie à expliquer une fois de plus qu'ils sont (très / trop) souvent dans l'erreur, qu'ils mélangent tout, etc.

Mais, innocent et naïf comme je suis, j'ai aussi ouvert les yeux sur une chose assez déroutante, à savoir ce besoin qu'on a de s'exprimer à travers les propos des autres.

La plupart de mes "amis" Facebook aux propos dérangeants n'ont pas le courage de parler en leur nom propre, de dire clairement ce qu'ils pensent, sans s'appuyer sur le déballage nauséabond d'une autre personne. Tout passe par un lien, une image, un texte souvent écrit par quelqu'un d'autre, auquel ils rajoutent juste un "je suis d'accord avec ça", et encore...

Du coup, j'ai malheureusement appris à d'abord regarder la source du lien avant même d'en lire le titre et le contenu. Avant même de cliquer sur quoi que ce soit, je sais déjà que je vais devoir faire preuve de beaucoup de pédagogie pour répondre que telle ou telle chose est fausse ou une instrumentalisation. Et je me retrouve donc à non pas répondre à l'auteur initial du lien, mais à une personne qui l'a juste lu, partagé, et qui va me dire "Ouais mais non, t'as raison, je ne suis pas d'accord avec ça, mais il n'empêche que..."

Donc voilà pourquoi en ce moment, je ne dis rien.
Parce que je n'ai pas la force de vous voir calculer le pourcentage de crédit que vous accordez aux liens immondes que vous pouvez poster parfois.
Parce que je n'en peux plus de vous voir faire tenir des propos à des gens qui n'ont rien dit de tels, pour vous voir effacer vos conneries, sans vous excuser de votre erreur et vous remettre un peu en question.
Parce que vous avez l'impression d'être franc sur le web alors qu'en face de moi, vous savez très bien marcher sur des oeufs, pour ne pas froisser ma pensée "politiquement correcte".

En ce moment, je préfère sincèrement que vous puissiez me prendre pour un idiot innocent et naïf que d'être un con comme vous.
No offense.

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