S12E04 : Est-ce que tu m'entends ? (Hey Ho !)

His-Master-Voice

Depuis quelques semaines maintenant, j'ai du mal à parler.
Littéralement.
Ma voix s'amuse à faire des siennes.

Je sens bien qu'il y a quelque chose qui coince au fond de ma gorge, avec mon ton beaucoup plus monocorde que d'habitude et hier soir, j'ai failli avoir les larmes aux yeux quand, au détour d'une conversation avec une amie, je me suis rendu compte que monter ne serait-ce qu'une fraction dans les aigus m'avait donné l'impression de me peter à jamais les cordes vocales.

J'avoue avoir un peu peur.
Je me demande si je vais devoir m'habituer à cette voix que je sais ne pas être la mienne; une contrefaçon générique qu'on essaye de me refourguer en disant que personne ne remarquera rien de toute façon.

Changer de voix, c'est un peu comme changer de vie, de façon d'être.
Je devrais être content parce que je ne l'ai jamais aimée, en plus.

M'écouter parler était une vraie torture, ce qui est assez paradoxal quand on a eu la prétention de faire un podcast pendant plusieurs mois.
Il y a même eu ces moments particuliers où je me demandais comment mes proches pouvaient rester là, à m'écouter, avec une diction pareille.

Alors oui, je n'aimais pas ma voix, mais c'était la mienne. Je la connaissais, j'avais appris à vivre avec.
Là, je ne sais pas ce qui se passe, ça m'agace, je suis en colocation interne avec une inconnue qui n'a pas l'air de vouloir s'adapter aux règles de la maison.

Les premiers jours, elle a débarqué avec un rhume qui s'est transformé en trachéite.
Enfin, quand je dis "débarqué", elle a surtout délogé l'ancienne locataire et abattu les murs pour faire les choses un peu à sa sauce.
En gros, pendant un temps, j'ai été aphone. Une petite diva de Las Vegas qui se balade avec sa petite écharpe pendant trois jours, doutant qu'elle pourra donner le concert de lundi.

Puis le son est revenu, petit à petit.
Fini les chuchotements supplicatifs.
Le médecin se voulait rassurant : Tout est normal, à la fin du traitement, je pourrais aussi bien faire mon JoeyStarr que ma Beyoncé.

Ça, c'était il y a trois semaines.

Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être plutôt "Grandes Cordes Vocales Malades". (J'ai la flemme de mieux tourner ma blague autour de Grand Corps Malade, je te laisse gérer ça.)

Je sais très bien que j'exagère.
Je sais très bien qu'il y a quand même plus grave que ça.
"Bu Bu Bu Drama", 150 mg, 3 fois par jour, pendant 2 semaines.

Mais en tout cas, ça me trotte assez dans la tête pour vous en faire part, parce qu'à la base, je ne voulais absolument pas écrire sur ça.

C'est à se demander si, comme me l'a suggéré quelqu'un il y a un mois, ça ne serait pas psychosomatique. Un truc entre ma vie personnelle chamboulée et mes aspirations futures qui ne trouvent pas l'écho que je cherche désespérément.

On verra bien (à défaut d'entendre).

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