S12E05 : Je vous présente Thomas...

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Thomas.
Voilà... Il s'appelle "Thomas".

Thomas. Thomas. Thomas. Thomas.

Tu me pardonneras, ça fait trois ans que j'ai son prénom en tête, il faut que ça sorte. Thomas, donc.
J'ai tout fait pour le garder secret le plus longtemps possible (même si j'ai brisé mon voeu de silence à quelques reprises), et maintenant, oui, ce prénom ne me fera plus sursauter quand quelqu'un d'autre le prononcera en parlant de son neveu ou de son ex.

Presque trois ans.
En août prochain, le compte sera juste, je pourrais amener mon projet à la maternelle.

Le "T" du "T for Two", c'était donc pour Thomas.

Deux projets autour de ce mystérieux garçon qui a pris place dans mon imaginaire et qui n'en est jamais vraiment ressorti.

Je me souviens encore m'être dit, à l'été 2013 : "Allez, je fais la première partie cette année, et la seconde un peu plus tard".

Bon, ben preuve en est que rien ne s'est passé comme prévu.

J'ai d'abord fait Nawaak, Le Blog Générique et Ici. Sur la bouche.
Et j'ai écrit tellement d'autres choses en même temps.

Puis un soir de 2015 (le temps passe trop vite), je me suis dit qu'il était temps de regrouper toutes mes idées, de les mettre clairement sur le papier, de voir tout ce que j'ai pu produire mentalement et savoir vers quoi je veux aller maintenant.

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Ça a donné une sorte de bible d'une soixantaine de pages, avec tout ce qu'une personne insensée peut penser produire : des livres, des projets web, des séries, des films... et une pièce de théâtre.

La fameuse "partie 02" de "T for Two".

Et ainsi, à un moment, j'ai repris toutes les notes que j'avais disséminées ici et là depuis les trois dernières années pour avoir un squelette présentable. Il y a eu une première version de travail, avec beaucoup de trous entre deux paragraphes. Puis une seconde, une troisième, et tellement d'autres...

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J'ai tué beaucoup d'arbres à force d'imprimer tout ça.
Je n'arrive pas à me relire sur un écran, j'ai un besoin maladif de pouvoir raturer et annoter de manière concrète.

Petit à petit, j'ai osé dire "J'écris une pièce de théâtre".
J'ai même murmuré à quelques reprises "j'aimerais bien qu'elle soit présentable pour la fin de l'année".

Et je me suis mis la pression tout seul.

J'avais l'impression de devoir prouver au monde que cette fois, non, je n'abandonnerais pas en route. Que ça sera bien. Que tout ce temps n'aura pas été utilisé inutilement.

Je me suis donc fixé des échéances.
"Cette semaine, je termine !"
"Allez... D'ici la fin du mois, je termine !"
"Bon, il ne reste plus grand-chose là ! Je termine... dans quelques jours !"

Et comme à chaque fois, je bloquais sur un détail, je me disais qu'il ne fallait pas forcer. Que je n'allais pas juste remplir les cases pour avoir mon quota et finalement écrire quelque chose qui ne me ressemble pas; que je ne serais pas en mesure de défendre.

Ou, à l'inverse, j'ai voulu en dire trop sur certains aspects. Je voulais traiter cinquante sujets en même temps, parce que j'avais envie de les explorer sérieusement, au risque de rendre ma pièce incompréhensible. Alors j'ai fait des coupes douloureuses, mais nécessaires, tout en ayant une petite idée derrière la tête pour en parler quand même un jour ou l'autre.

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Et donc, après ces nombreux allers-retours dans le texte et ces crises de surplace, le 26 avril 2016, aux alentours de 19h, j'ai déposé mon texte à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques pour enfin pouvoir dire "J'écris actuellement une pièce et elle s'appelle 'Thomas (ou presque)' " sans avoir la peur qu'on me vole ne serait ce que le titre.

Maintenant, le plus dur reste à venir.
Il va falloir qu'elle soit jouée, cette pièce.

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Mais il n'empêche... Moi qui reste persuadé que je n'ai absolument rien fait de spécial dans ma vie, alors que beaucoup de monde me répète "je crois en toi, tu vas nous faire quelque chose de bien", aujourd'hui, je regarde ce paquet de feuilles en me disant que certes, j'ai passé les trois dernières années à me disperser sur beaucoup de projets, mais à ce stade, ça n'aura pas été si inutile que ça.

N'est-ce pas, Thomas ?

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